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« Les prisonniers musulmans ont le droit de vivre leur foi ! »

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« Les prisonniers musulmans ont le droit de vivre leur foi ! »

Message par choukry30 le Mar 23 Mar - 9:51

Azzedine Gaci. Recteur de la mosquée de Villeurbanne, président du CRCM

« Les prisonniers musulmans ont le droit de vivre leur foi ! »




Un rapport plutôt sombre sur la vie dans les prisons françaises a été rendu public par Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté en France. Selon lui, « on a tout sacrifié à la sécurité, on a oublié le reste. Il y a dans ces prisons une multiplication des frustrations ». Le constat de la « hausse de l’agressivité et de la violence », réitéré depuis des années, est d’autant plus navrant que nombre de prisonniers sont des musulmans. On en a une vision dans le film Un prophète, largement plébiscité en février par les Oscars. L’enseignant en physique et président du Conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes, Azzedine Gaci, se rend souvent dans les prisons en tant que visiteur et aumônier. Nous lui avons demandé son point de vue.



Le dernier rapport sur les prisons laisse entendre une dégradation dans les prisons françaises, un grand mal-être qui apparaît souvent avec les suicides ou tentatives. Qu’en pensez-vous ?
Ce rapport a surtout pointé du doigt les conditions de vie indignes dans certaines prisons françaises. Elles sont dues essentiellement à la surpopulation qui restreint les activités et génère des frustrations. Ces conditions de vie inacceptables ont parfois des conséquences tragiques comme le suicide : 80 détenus se sont donné la mort en 2009. Il y a effectivement un vrai mal-être. Les prisons, nouvellement construites, ne font qu’accentuer ce sentiment, comme l’écrit M. Delarue dans son rapport. On oublie parfois qu’on a à faire à des hommes qui, certes, ont fait du mal, mais restent des hommes, avec des besoins d’hommes.
Vous-même, en tant que visiteur régulier des prisons et président du CRCM, quelles observations aviez-vous fait remonter ? Votre regard en tant que musulman est-il pris en compte ?
Chaque vendredi après-midi, je rends visite aux détenus musulmans dans une maison d’arrêt à côté de Lyon. Un jour, un homme est venu me voir. Il venait de perdre son enfant et il n’a pu assister à son enterrement. Profondément bouleversé, il m’a demandé de faire la « prière mortuaire » musulmane. J’ai été moi-même très affecté par ce père de famille qui avait subitement quitté une vie active très chargée. Cette coupure insupportable est vécue comme un traumatisme, une terrible souffrance. Pour compenser ce manque, certains détenus, notamment musulmans, se réfugient dans une pratique religieuse soutenue. C’est, certes, louable, mais il faut veiller à ce que ces détenus ne soient pas gagnés par des lectures extrémistes de l’islam. Dans ce domaine, l’administration pénitentiaire nous écoute, sans plus. Je ne vois aucun changement depuis quelques années.
Avez-vous une idée du chiffre ou du pourcentage des musulmans dans ces établissements surpeuplés ?
En France, 25% de la population carcérale serait de confession musulmane, alors que les musulmans représentent moins de 10% de la population nationale. Il s’agit d’une estimation car, en France, on n’a pas le droit de demander aux détenus leur origine ou leur religion. Cette surreprésentation est très visible dans certaines prisons où le nombre de musulmans peut atteindre facilement 60 à 70%. C’est le cas, par exemple, de la prison que je visite chaque semaine. Cela s’explique, entre autres, par les difficultés (chômage, précarité…) que rencontrent les citoyens de confession musulmane, et surtout les plus jeunes d’entre eux.
Justement, un musulman aujourd’hui incarcéré peut-il suivre les pratiques culturelles ou cultuelles qui sont les siennes au plan alimentaire notamment, et du suivi de la religion ?
Absolument, les prisonniers ont bien sûr le droit de vivre leur foi et pratiquer leur religion comme ils le veulent. Ils peuvent également bénéficier de la visite d’aumôniers musulmans s’ils le souhaitent. Ce sont en général des imams qui viennent les accompagner dans leur cheminement spirituel, sans tomber dans le prosélytisme. Ces aumôniers qui organisent aussi la prière du vendredi ne sont malheureusement pas très nombreux. Ils seraient moins d’une centaine, selon le ministère de la Justice, alors que le nombre total des aumôniers, toutes confessions confondues, est de 800. Je pense qu’il faut trouver une solution à ce problème. Il y a deux ans, j’en ai discuté avec Michèle Alliot-Marie quand elle était ministre de l’Intérieur, mais encore une fois je ne vois aucun changement sur le terrain.
Qu’est-ce qui devrait changer pour que la vie quotidienne soit moins pénible en milieu carcéral, particulièrement pour les musulmans ?
Accompagner le détenu, le soigner, le former et l’aider à se réinsérer dans la société, telles devraient être nos préoccupations majeures à l’avenir. Malgré une nette augmentation du nombre de places de détention depuis la fin des années 1980, les prisons françaises souffrent toujours de surpopulation, ce qui nuit très gravement aux conditions de détention parfois indignes (agressions, manque d’intimité, viols…). Il faudra réhumaniser les prisons, et cela passe par la multiplication des activités pour les détenus. Par ailleurs, la formation reste sans aucun doute la meilleure façon, pour un prisonnier, de se reconstruire et construire son avenir. En ce qui concerne les musulmans, il faudra absolument augmenter le nombre d’aumôniers et s’assurer surtout qu’ils disposent des compétences à la fois religieuses et sociologiques. C’est de cette façon seulement qu’ils pourront répondre aux diverses questions d’ordre cultuel que se posent les détenus tout en aidant leur réinsertion.
Vous restez optimiste ?
Le musulman est par définition optimiste. Ici, en l’occurrence, il ne s’agit pas de moi, mais de personnes qui sont coupées de leur famille, de leurs enfants, de la vie tout simplement. La prison est une épreuve extrêmement difficile. Je connais des jeunes dont la vie a été détruite parce qu’ils ont fait quelques mois de prison. Et c’est plus particulièrement ceux-là qui m’intéressent. Il faut veiller à ce qu’ils en sortent avec le moins de dégâts possible. L’administration en est consciente, et je crois que l’on doit travailler les uns avec les autres pour aider ces détenus à retrouver une vie normale à leur sortie.


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